Traversées 4. « C’est pas des hommes c’est des enfants »

Il y a bien des façons de parler des guerres et la chanson en fait partie. Henriette Azen chante cela dans une émission sur la musique arabo-andalouse. Cette chanson lui était familière dans son enfance Algérienne. Les inflexions plaintives me sont familières à moi aussi, j’y reconnais les accents des femmes de ma famille :  « C’est …

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Sylvain Piron : « Le culte de la croissance est une disposition religieuse »

Dans « Comme si de rien n’était » le psychanalyste Philippe Réfabert fait remonter l’hubris de l’homme moderne occidental, après Oedipe celui qui a réponse à tout, au dieu vivant incarné, ce Christ qui vient nous dispenser de tout travail sur les origines, puisqu’il est là! Alors le temps peut s’accélerer « et le progrès décoller résolument sans sacrifier à la célébration rituelle de l’irreprésentable, une célébration si dispendieuse en moyens de toutes sortes ».

Le Comptoir

La société industrielle semble frappée d’aveuglement face à l’aggravation des crises environnementales dont elle est responsable. Elle est bercée de l’illusion que tout finira par s’arranger, grâce à la souplesse du marché, l’innovation technique et l’inventivité du capital. Toute une mythologie économique entrave ainsi la réflexion et la perception de la gravité de la situation. Pour saisir la puissance du mythe et ses effets dévastateurs, il faut remonter le temps. En effet, l’appétit de transformation du monde naturel par l’action humaine correspond à une pente générale prise par l’Occident dans la longue durée du second millénaire de l’ère chrétienne. Telle est en tout cas la thèse défendue par Sylvain Piron dans son livre « L’occupation du monde », publié aux éditions Zones Sensibles en mai 2018.

 « Le capitalisme s’est développé en Occident comme un parasite sur le christianisme. » Walter Benjamin

Le Comptoir : Vous écrivez au début de votre ouvrage…

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Pour saluer Peg Belson

J’ai eu le privilège de rencontrer Margaret « Peg » Belson dans les années 90 peu après la création de Sparadrap, dans le cadre des rencontres de l’association européenne EACH puis à son domicile Londonien. Je garde le souvenir d’une personne aussi profondément humaine qu’entière et intraitable dans ses convictions. Dépositaire d’une longue et riche expérience au …

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Brève de cafetière

« Les chakras, les chakras, je t’en ficherai moi des chakras, elle dit comme ça je vais vous enlever vos chakras négatifs, non mais je vous demande un peu, bon elle fait ce qu’elle veut mais quand même c’est à l’opposé de notre profession… » L’infirmière de soins intensifs, courtaude et le teint coloré, solide, la voix …

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Malheur à qui avoue le premier!

Déjeuner en salle de garde entre collègues. Isabelle D. est une jeune chef de clinique qui irradie la gentillesse, ce qui ajoute à sa compétence. Elle vient de supporter une période très dure où elle a été responsable de plusieurs cas difficiles et compliqués. En salle de garde elle lâche un peu la pression. Elle …

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Traversées 2.

Je reviens à l’histoire familiale. Jacques Derrida, natif d’El Biar, une banlieue d’Alger, et qui fréquenta les mêmes lycées que mes frères, témoigne de l’extraordinaire mutation des juifs d’Algérie des dernières générations avant l’indépendance (« Apprendre à vivre enfin », Galilée/Le Monde 2005). Il décrit des arrière-grands-parents « très proches des Arabes », puis un embourgeoisement rapide après le …

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