Traversées 2.

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Je reviens à l’histoire familiale. Jacques Derrida, natif d’El Biar, une banlieue d’Alger, et qui fréquenta les mêmes lycées que mes frères, témoigne de l’extraordinaire mutation des juifs d’Algérie des dernières générations avant l’indépendance (« Apprendre à vivre enfin », Galilée/Le Monde 2005). Il décrit des arrière-grands-parents « très proches des Arabes », puis un embourgeoisement rapide après le décret Crémieux. Puis vient la génération de ses parents, modestes commerçants mais avec des situations paradoxales de monopole où d’un petit bureau on pouvait, en simplifiant un peu,  représenter « tout le savon de Marseille pour l’Afrique du Nord ». Une organisation qui semble avoir perduré en Méditerranée si l’on en croit certains échos de la Grèce de 2017 : il y aurait actuellement plus de cartels en Grèce qu’en Colombie. Les cartels ce sont les petits barons locaux qui font la loi sur le petit segment de marché qu’ils contrôlent. Ainsi on ne peut pas vendre les frites à 1,50 euros si les autres les vendent 3 euros (« Le salut viendra de la mer », Christos Ikonomou, Quidam 2017).

Enfin vient la génération de Jacques Derrida, la mienne donc : des intellectuels. Elle fait rupture. Aucun des quatre enfants ne choisit des métiers d’argent, ne touche de près ou de loin au commerce. Ce sont les études supérieures et les professions qui au moins donneront un jour ou l’autre les moyens d’interroger l’histoire. Que font les intellectuels ? Ils lisent. Au fil des lectures je découvris que la division dont j’ai parlé à propos de mon univers familial était en réalité celle de toute la communauté. Je rencontrai ces deux mots inconnus : toshavim, megorashim. Ils nous concernaient tous les deux, mais c’était peut-on dire, de l’hébreu. Ils opposaient ceux qui avaient toujours été là (toshavim), à « ceux de l’extérieur », les megorashim qui étaient venus pour échapper aux persécutions, qui avaient été expulsés de leur terre d’origine. Les premiers étaient  les petites gens, ceux qui vivaient « avec les arabes » et comme eux, en un mot les pauvres. Les autres étaient ouverts sur l’ailleurs, les ports, les centres du commerce maritime.

La vie des Juifs se différenciait non pas tant vis-à-vis des Musulmans qu’à l’intérieur même de la communauté, selon qu’il s’agissait du plus grand nombre où de ceux qui occupaient des métiers supérieurs et des hautes fonctions, ou y aspiraient. Un terme semblait désigner ces derniers par métonymie : Livournais. Il parlait moins d’un lieu situable que de l’appartenance à une certaine élite : européanisation, culture, modernité. Ma mère se disait fièrement Livournaise. Pas sûr qu’elle savait  ce qu’il fallait y entendre car on ne parlait jamais de Livourne, on ne montrait jamais Livourne sur une carte, j’ignorais même que Livourne fût un lieu concret, une ville de l’Italie. On désignait ainsi une origine confuse mais à coup sûr glorieuse. Cela n’empêchait pas un de mes frères adonné au bel canto d’affirmer que sa maman était « italienne », ce qui expliquait tout…

Ainsi ceux de miens à qui l’on reprochait ce que l’on reprochait aux toshavim se souvenaient confusément d’avoir été jadis des megorashim « avec des jarres pleines d’or ». Mais ils vivaient en toute innocence la vie des toshavim et n’aspiraient aucunement au départ pour la Métropole. Ils ne s’en allèrent que contraints et forcés, rapatriés de 1962 « une main devant une main derrière ». Ceux qui paraissaient, selon le roman familial, avoir été megorashim en avaient perdu tout souvenir. Mais ils aspiraient au statut social des megorashim et en affectaient les manières sans en faire partie. Ceux-là partirent volontairement pour la Métropole, espérant ainsi s’y assimiler et y accéder à un sort meilleur. Ils échappèrent ainsi à la guerre de 1954-62. On trouvait chez les premiers plus de marrants, on leur attribuait aussi plus de vices. Chez les seconds plus de sévères, mais il y avait des exceptions.

Pour comprendre il fallait tourner le dos au désert, à la Kabylie, à la terre Algérienne que nous n’avons en fait jamais connue alors même que rien ne l’empêchait.  Il fallait se retourner vers la mer, regarder la mer, envisager les routes maritimes qui conduisent à Gênes, Marseille, Naples et la Sicile, Livourne, Izmir et Salonique, Londres et Amsterdam… Et même vers le nouveau Monde, la Nouvelle-Espagne.

Dès le début du 16ème siècle Alger avait fait appel aux corsaires Turcs, les fameux frères Barberousse, pour résister à l’avance espagnole. La « course » se développa dès 1580 pour décliner à la fin du 17ème siècle, alors que le commerce maritime se développait. Puis elle se modernisa et étendit son champ d’action à l’Atlantique. Alger était alors une ville neuve entièrement conçue autour de la piraterie, qui faisait sa propre loi. Au 18ème siècle apparaissent les juifs francs ou frankos de Livourne. Ceux que l’on appelait ainsi jouissaient de toutes les prérogatives des autres Européens sous la protection d’un consul. Ils vivaient des activités commerciales, financières et même politiques et bâtirent pour certains des fortunes, parfois colossales. Deux maisons de commerce dominaient : Joseph Cohen-Bacri et Michel Busnach (ou Boujenah). On pouvait devenir « roi d’Alger », sanction d’une fortune rapide. « Alger se gonfle, éclate de richesses », peut-on lire.

Les centres Méditerranéens sont Alger, Livourne, Malte et Pise. La « course » est réglementée et diffère en cela de la piraterie qui en est la version sauvage. Elle est endémique en Méditerranée avec ses bagnes, ses marchés d’hommes, sa torture et ses marchandages. Alger, comme La Valette et Livourne, se détachent. Puis progressivement le tableau change quand les puissances commerçantes trouvent plus avantageux d’acheter la paix maritime en versant tribut. La chose prend alors la forme classique du racket institutionnalisé.

En 1816 la destruction de la flotte corsaire par une expédition anglaise sonne pratiquement la fin de la course. Notre catastrophe familiale pourrait se situer là. Dans « Naissance et mort de l’Algérie française » (Ed. de Crémille, Genève 2003) on lit qu’en 1827 la course ne s’est pas relevée des coups qui lui ont été portés par l’Ordre de Malte, « vaste entreprise de contre-piraterie »… ce qui n’exclut pas que Malte l’ait aussi exercée pour son propre compte. Fernand Braudel parle de la course comme d’une « guerre inférieure » succédant à la guerre ouverte entre les puissances dès 1574. Il y a une « grande ceinture de la piraterie » qui s’étend jusqu’aux Antilles et à l’Extrême-Orient.

D’autres lectures me permirent de situer que l’âge d’or de la piraterie, la véritable «ère corsaire » fut en fait le XVIème siècle. Avec le déclin Ottoman et la crise générale dans la région, la piraterie augmenta, nourrie de l’augmentation du commerce hollandais, anglais et français (« Histoire des Juifs sépharades: de Tolède à Salonique », Aron Rodrigue et Esther Benbassa, Seuil 2002). L’autorité des raïs les chefs locaux surpassait alors celle du Dey qui devint purement nominale. L’économie reposait entièrement sur la course. Les Juifs y étaient des intermédiaires indispensables pour la revente  des cargaisons de prise, et aussi pour les rançons des captifs, car ils possédaient les circuits financiers nécessaires.

Dans le même temps la plus grande partie de la communauté Juive vit dans la misère tout comme les tribus berbéro-arabes du fait de l’essoufflement des activités économiques traditionnelles au profit de « la course maritime » bien plus rentable, et de la pression fiscale insupportable que fait peser le pouvoir du bey ottoman sur les populations algériennes.

Je n’osais aller tout à fait jusqu’à me représenter des ancêtres pirates ou commerçant avec les pirates ! En 2013 l’exposition du MAHJ « Les Juifs d’Algérie » m’apporta quelques certitudes. On pouvait y voir des pièces issues des archives d’Aix. Elles attestaient de l’existence de négociants Coen Salomon, notamment un David de Coen Salomon. Et aussi de la commercialisation d’un butin de piraterie, en l’occurence une cargaison de blé prise à un navire anglais en 1796, par la maison Neftaly Busnach. La véritable trouvaille fut un vieil ouvrage accessible sur internet : « Le livre d’or des israélites algériens. Recueil de renseignements inédits et authentiques sur les principaux négociants juifs d’alger pendant la période turque », JM. Haddey, Alger Imprimerie Typographique de A Bouter 1891.

La période étudiée dans ce livre s’étend de 1685 à 1826, un an avant l’affaire de la « gifle du dey au consul » qui déclencha ou servit de prétexte à la conquête française. La maison de commerce David de Salomon Coen est attestée depuis des siècles, elle est active comme bien d’autres dans le commerce des prises de piraterie en Méditerranée, et sert d’intermédiaire financier pour le rachat d’esclaves originaires du nord de l’Europe, souvent hollandais ou danois. Je n’ai évidemment pas la preuve généalogique que ces de Salomon Coen soient nos ancêtres, mais enfin c’est bien le même nom à l’orthographe près, avec  cette curieuse particule qui semble fréquente encore aujourd’hui : Cohen de Lara, Cohen de Timary… Elle pourrait marquer un lieu d’origine. Lara c’est la mouette, Timary le thym, ce sont des mots grecs. Salomon se réfèrerait-il aussi à un lieu ? Je ne sais.

Bref rien n’indique que la course, la piraterie barbaresques aient gêné en quoi que ce soit ce commerce florissant comme le prétend en inversant les choses, le roman familial. C’est plutôt le contraire. Leur déchéance, traditionnellement attribuée à la piraterie, n’avait-elle pas plutôt coïncidé précisément avec le déclin de cette piraterie au 19ème siècle ? « Un khodja juif était notamment attaché au Khodjet el Bandjek ou chef de l’administration chargée de la liquidation et de la répartition des prises effectuées par les corsaires algériens. Il y a plus : un simple Israélite était installé au milieu des quatre secrétaires d’Etat et du Saidji (comptable), au palais du prince, et en la présence même du Dey ; il prenait le titre de Vaddad (compteur), et avait, pour mission de compter et de contrôler le numéraire qui entrait dans le Trésor public.

La suite du livre recense minutieusement les marchandises que les négociants Israélites d’Alger exportaient ou importaient par la voie de mer. Le commerce de détail était aussi en grande partie, entre les mains des juifs, lesquels, en outre, exerçaient le colportage exclusivement en ville et presque exclusivement dans la banlieue (…)  .  

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Extraits du livre :

La première mention du nom remonte à 1690 : Aron Coen ; Moise d’Isaac Goen ; David de Salomon Coen (maison importante) ; lasouf Cohen, Salomon Cohén, Ils avaient des marchandises de Livourne, sur le pinque le Postillon, patron Emmanuel Pangalo.  Première mention sous l’appellation David Coen Salomon en 1731 :En 1731  ce riche négociant, dont les correspondants étaient à Livourne Gabriel et Abram Médina et Joseph et Israël Franco, et à Venise Simon Malo Nocte, effectua dix rachats d’esclaves chrétiens, sur des ordres venus de ces deux villes. 

Année 1691. Les nommés Moise de Sadia Cohen, David de Salomon Cohen, Joseph di Aron Cohen, Moise di Isaae Cohen. Ils avaient des marchandises sur le Postillon, venant de Livourne et naufragé près de Cherchel. Année 1692. Noms des principaux négociants : Joseph Coen, Salomon Coen, Moïse et Isaac Coen, Le 4 octobre. De Livourne, tartane St-Sefforien, capitaine Balthazar Féraudy. Destinataires : Moïse et Isaac Coen,Le 9 novembre de Livourne : barque St- Alexis : Alvarengue, Joseph Coen, Le 23 novembre. De Livourne : barque St- Joseph, capitaine Hugues, de la Ciotat ; Ph. et Al. Léon, Joseph de Aron Coen,Année 1693. Je ne relève que les noms suivants : David Arouas, Moïse de Sadia Coen, Mardokhai de Moise Coen,  Année 1693. Le 13 septembre. Pour Livourne : barque ci-dessus : David de Salomon Coen, Alvarengue et Luzada, Machoro et Baruch. Moise de Sadia Coen : Année 1695. Le 5 janvier, pour Livourne : tartane Jesus Marie Ste-Anne ; Abraham et Samuel Vais, Abraham Crespy, David de Salomon Coen, Alvarengue et Luzada, Machoro et Baruch, David Arouas, Moïse et Aron Coen, 

La dernière mention (fin du livre) est pour l’année 1826. Le 10 avril, pour Livourne, bombarde L’Assomption, de 107 tonneaux, capitaine Pierre Giraud ; Joseph ben Samon, Jacob Bouchara, Moali, etc ; raclure de corne de cerf, vieux cuivre, lin de Hollande, plumes, laine, 800 cuirs, numéraire. Les consignataires sont : Salomon Coen, Tabet, David Moati, Busnach di Naftali. MardokaiHaim Medioni,— Joseph Raphaël Zermali —  Ange Seror. — Ilaim Sasi.orlès. — Aron de Haïm Coen Salomon. — Simon Sasportés. — Joseph di Simon CoenSolal. — Kanouy. — Samuel Yafi. — Boukris. — Sorîf. — Smadja. — Aboucaya. »  

Un exemple de cargaison Le 12 septembre 1695. De Livourne : Vaisseau St-Jean-Baptiste .David de Salomon Coen, Joseph et Moise de Salomon Coen, Jacob Machoro et Baïuch, Alvarengue, Jacob Israél de Tunès, Aron Molco. Laines d’Espagne, draps d’Angleterre, safran de la fonderie de Son Altesse Sérénissime, soie, mercerie de Venise, serge de Venise, couteaux, peignes d’ivoire, girofle, corail, damas, un tombeau de marbre, numéraire, minium, papier, cordes, alun, gomme laque, ferraille, benjoin et confitures. La même année, David Coen Bacri fait venir, de Carthagène de la soude sur les navires ci-après : tartane algérienne Mabrouk (lui appartenant) ; chebec algérien Messaouda lui appartenant, etc. — Le 3 août 4809, David Coen Bacri achète, moyennant 2400 sequins le brick anglais le Saturne mis en vente par le consulat de France, comme provenant de prise. Il achète aussi moyennant 4400 sequins algériens, la cargaison dudit navire (470 quintaux soude, 1,062 quintaux soufre, 322 sacs sumac, 50 balles coton, 8 tonneaux huile d’olive et 751 quintaux glands pour la teinture) ; ce navire, commandé par le capitaine William Philipps, jaugeant 156 tonneaux et armé de 4 canons de 6, était parti de Malte pour Liverpool, et fut pris, le 40 juillet 1809, par un corsaire français qui l’amena à Alger. —  

Le19 août 1809, David Coen Bacri achète, moyennant 1,400 sequins algériens, 403 futailles de thon salé, formant le chargement du bateau espagnol Nuestra-Senora-del-Rosario, capitaine Joaquin Meseguer, pris le 1er du même mois, par le corsaire français L’lntrépide, capitaine Bavastro. — Le 24 du même mois, il achète un brick espagnol (nom inconnu), de 120 tonneaux à pibles, pris le 26 juillet précédent, par le corsaire français L’intrépide, capitaine Bavastro. —  Le 13 septembre 1809, le consul de France vend à David Coen Bacri, chef de la nation juive et moyennant 1900 sequins algériens, le restant de la cargaison dudit brick espagnol, soit 79 ballots cacao, 39 bailes colon. 2 ballots quinquina, 42 ballots cannelle, 9 marrons indigo, 2 balles anis, 264 paquets fer à cercler, 50 ballots sucre, 2 caisses sucre et 21 cuirs secs d’Amérique. —

Le 14 septembre 1809, il achéte du consul de France moyennant 1000 sequins algériens, le brick anglais Salzy, de 140 tonneaux, pris par le corsaire français L’Intrépide, capitaine Bavastro ; il achète également moyennant 1500 sequins, la cargaison dudit brick, consistant en 254 sacs sumac, 168 balles chiffons, 32 balles cuirs, 100 quintaux 500 quintaux soufre en pierre et 19 barriques huile d’olive.  Cet achat fut opéré malgré les menaces réitérées, adressées par les anglais, contre quiconque achèterait des navires et des marchandises de provenance anglaise, amenés à Alger par des corsaires français, menaces qui entravaient considérablement les ventes par le consulat de France. « M. David Coen Bacri, dit le procès-verbal de la vente dont il s’agit ici, s’est présenté sans crainte pour traiter avec nous à ses risques et périls et fortune, pour tout événement.- » Le 9 septembre 1809, David Coen Bacri, acheta du consulat de France, et moyennant 400 sequins algériens, le schooner anglais Halifax, de 90 tonneaux et construit dans l’Amérique espagnole, lequel avait été pris par le corsaire français L’Intrépide, capitaine Bavastro. Il acheta également, moyennant 1,606 sequins algériens, la cargaison dudit navire, consistant en 803 quintaux soude de Sicile ».

 Le circuit commercial fonctionnait donc ainsi : attaque des navires de commerce, revente des cargaisons sur le marché international, capture des équipages pour le commerce des esclaves, rachetés ensuite contre rançon. Dans ce rachat intervienaient les maisons de commerce juives parce qu’elles disposaient des circuits financiers, ainsi que divers ordres religieux. Les Juifs qui avaient inventé au moyen-âge la lettre de change et possédaient des correspondants dans toutes les villes de quelque importance, étaient des intermédiaires sûrs. Les amis de l’esclave faisaient donc leur versement entre les mains d’un banquier juif de Livourne, de Gènes, de Venise, de Naples, de Barcelone, de Lisbonne, de Hambourg, d’Amsterdam ou de Marseille, lequel avisait son correspondant à Alger, qui intervenait dans le rachat et désintéressait le patron. Souvent aussi, l’opération se traitait exclusivement à Alger, et le négociant juif faisait une avance de fonds pour laquelle l’esclave racheté lui conseillait, par devant le chancelier de sa nation, une obligation payable dans l’une des villes que je viens de nommer. Par leurs opérations de banque, les Israélites ont beaucoup facilité les rachats d’esclaves et il est certain qu’ils ont rendu de grands services aux chrétiens tombés au pouvoir des corsaires algériens (…)

 Le 9 juillet 1691, David de Salomon Coen, Alexandre et Philibert Léon, fournissent la somme de 8900 francs pour la rançon des illustrissimes seigneurs François et Pierre Donado, frères, nobles vénitiens, ci-devant esclaves du Dey ou du Divan (ou de la douane publique), s’embarquant sur la barque St- Joseph, capitaine Jean Baudeuf, de Marseille. (…) Ce prêt a été fait à la sollicitation « et persuasion » de Monseigneur Guiseppe Gianola, vicaire général apostolique à Alger, lequel ayant su « que les dits seigneurs Donado étaient menacés de la part du dit Dey, à cause du retardement de leur rançon, de ne pas vouloir se tenir au prix fixé ci-devant, et de les plus maltraiter que jamais ; ému de compassion envers eux, aurait travaillé, auprès des dits sieurs négociants créanciers, pour leur fournir la dite somme et il en a répondu. (…) »

Je sortis de cette lecture dans une sorte de vertige. Ces cargaisons me faisaient penser, dans leur bric-à-brac insensé, à la boutique que mon père avait échoué à rendre viable, avec ou sans ses frères. Mon monde natal reprenait vie mais il se compliquait aussi. Ce n’était déjà pas si mal.

 

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